22.07.2010
SECURITE SOCIALE: LES ECONOMIES PROPOSEES PAR LES ASSUREURS
C’est une thématique récurrente chez les acteurs de la complémentaire santé : ils ne veulent plus être de simples payeurs aveugles. Face aux 13 milliards d’euros de déficit anticipés pour la branche maladie de la Sécurité sociale en 2011, ils estiment avoir un rôle à jouer pour « améliorer l’efficience des dépenses de santé », et in fine contribuer à les contenir. C’est dans cette optique que l’Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire (Unocam) a présenté hier une série demesures, qui, au total, doivent permettre à la Sécurité sociale d’économiser près de 3,5milliards d’euros sur la période 2011- 2013. C’est la deuxième fois que l’Unocam, qui fédère les trois familles d’assureurs complémentaires (assureurs, mutuelles, groupesparitaires de prévoyance), se livre à l’exercice. « Si l’on souhaite renforcer le rôle des organismes complémentaires,il est très important qu’il y ait des propositions formulées par l’Unocam dans la perspective du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) », décrypte un spécialiste. Fin août 2009, l’Unocam avait proposé une première série de mesures, mais elles n’avaient pas été retenues dans le PLFSS 2010. « Cette année, le calendrier est meilleur : comme nous avons travaillé plus en amont, nous avons peut-être plus de chances d’être écoutés », avance un des membres de l’union. Concrètement, les économies proposées ont vocationà êtredégagées à hauteur de 1,2 milliard d’euros en 2011, 760 millions en 2012, et 1,48 milliard en 2013. Plusieurs leviers sont identifiés : la biologie médicale (baisses de tarifs, forfaitaisation des dépenses d’analyse pour certaines pathologies chroniques) ;le médicament (déremboursement des produits à servicemédical rendu insuffisant, rapprochement du prix des génériques sur les standards européens); le déremboursement des cures thermales (245 millions d’économies en 2011); l’extension des contrats d’amélioration des pratiques individuelles entre la santé et lesmédecins.
Recettes : rien ne filtre Si l’Unocam évoque la question des affections de longue durée (ALD), qui représentent l’essentiel de la progression des dépenses de santé, c’est, sans chiffrage, pour signifier que « le renforcement de la coopération entre complémentaires et assurance-maladie est un axe à examiner, dans le respect du rôle de chacun ». Traduction, les complémentaires ont vocation à jouer sur la prévention des ALD(à l’image de ce que fait la FNMF avec l’assurance- maladie sur l’hypertension artérielle), plutôt que sur leur financement. Les complémentaires le savent : tout ne sera vraisemblablement pas retenu. « Certains points renvoient à des arbitrages politiques », explique un expert, citant le cas des cures thermales, défendues par les maires des localités concernées. En outre, ces propositions résultent d’arbitrages entre les trois familles d’assureurs et leur fédération (FFSA, FNMF, CTIP). « C’est le socle commun minimum d’expression sur lequel nous nous sommes mis d’accord, et qui nous permet d’avancer et de contribuer aux réflexions sur le déficit de l’assurance-maladie obligatoire », commente Jean- MartinCohenSolal, ledirecteur général de laMutualité Française. Rien ne filtre en revanche sur l’épineuse question des recettes de l’assurance maladie, sujet sur lequel les trois familles ne sont d’ailleurs pas forcément au diapason. Renforcement de la taxe CMU? Nouveaux transferts? Taxation de certaines réserves? Vu l’ampleur des déficits, les complémentaires redoutent cequipourrait leur tomber dessus pendant le creux de l’été.
Source: les Echos
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