23.09.2010
RAPPORT DE L'INRS: PLEIN PHARE SUR LES RISQUES EMERGENTS
A l'occasion de la sortie de son rapport annuel, l'Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a présenté hier, deux des axes prioritaires de son action : les risques psychosociaux (RPS) et les nanomatériaux. Retour sur les travaux de l'Institut concernant ces risques émergents.
Les risques professionnels et leur prévention sont en constante évolution. En témoigne le rapport d'activité 2009 de l'INRS qui regroupe une présentation des 22 thématiques prioritaires de l'Institut, allant des cancers professionnels, des risques "durs" tels que l'exposition chimique, les agents biologiques etc., aux risques émergents comme les nanomatériaux ou les risques psychosociaux (RPS). Revenons sur ces derniers risques à travers les nombreuses actions de recherches, formation ou encore d'assistance menées par l'INRS.
Toxicologie, exposition professionnelle et dispositifs de protection
Métrologie, études toxicologiques, moyens de prévention…L'INRS mène depuis 2003 des travaux sur les risques liés aux nanoparticules. En 2009, avec son programme d'actions pluridisciplinaires pour identifier les risques émergents liés à la manipulation des nanoparticules manufacturées et définir une stratégie de prévention, les activités de l'INRS sur le sujet ce sont amplifiées.
En matière de toxicité, l'INRS a conduit deux études toxicologiques in vitro en 2009. L'une sur la comparaison des effets toxiques de particules d'oxydes métalliques sous forme micro et nanoparticulaires, l'autres sur les effets des nanotubes de carbone sur des cellules.
"D'autres études sont en cours en 2010 notamment sur le dioxyde de titane ou les nanotubes de carbone, pour étudier les effets cancérogènes", précisait hier Myriam Ricaud, ingénieur chimiste à l'INRS.
L'Institut travaille également à la caractérisation des expositions professionnelles, à travers l'étude des instruments de mesures et la réalisation de campagnes de mesures dans les entreprises ou les laboratoires.
L'étude de l'efficacité des moyens de protection collective ou individuelle représente un autre axe de travail. Des travaux portant sur les performances d'appareils de protection respiratoire vis-à-vis des nanoparticules sont notamment en cours. "Aujourd'hui, nous pouvons garantir aux entreprises l'efficacité des filtres de classe 3 jusqu'à trois nanomètres. Mais nous n'avons pas encore de résultats fiables en ce qui concerne la protection collective (sorbones de laboratoire par exemple)", indiquait Mme Ricaud. "Mais le problème réside aussi dans le fait que beaucoup d'entreprises ne savent pas qu'elles manipulent des nanoparticules", a-t-elle ajouté.
Plus d'information et de formation sur les nanomatériaux
Face à la demande croissante des professionnels, qu'ils soient chefs d'entreprises, préventeurs, médecins du travail, responsable de laboratoires ou salariés, l'INRS ne relâche pas sa mission d'information, au contraire.
A côté des premières sessions de formation qui se sont tenues récemment sur les risques liés aux nanoparticules et les journées d'information vers les préventeurs, l'INRS a publié deux nouvelles brochures : l'une sur les caractéristiques et les applications des nanomatériaux, les connaissances toxicologiques actuelles et les outils de caractérisation de l'exposition professionnelle (contenant également des recommandations sur la démarche de prévention et les moyens de protection), l'autre étant un document de vulgarisation avec des informations essentielles sur les risques, les situations d'exposition et les bonnes pratiques de travail. Un film d'animation simple et humoristique sur les nanoparticules a aussi été réalisé par l'institut.
A noter que l'INRS organise une conférence internationale sur les risques associés aux nanotechnologies, "Nano 2011", les 5, 6, 7 avril 2011 à Nancy.
Forte demande des entreprises sur les risques psychosociaux
L'INRS développe depuis plusieurs années déjà, des méthodes et des outils en matière de risques psychosociaux (aide au choix d'un consultant extérieur, stress dans l'entreprise, conditions de travail dans les centres d'appels téléphoniques…). Face à l'actualité dramatique concernant les suicides de salariés et la montée toujours plus importante du stress, l'INRS adapte sa démarche et ses outils d'intervention, en fonction de la nature des RPS (violences, souffrances), des autres risques (troubles musculosquelettiques, addictions…) et de la taille des entreprises, TPE notamment.
"Nous sommes aujourd'hui submergés par les demandes des entreprises sur le sujet, notamment des médecins du travail et des responsables RH. Nous travaillons ici avec le réseau des agents CRAM", indiquait hier Dominique Chouanière, chargée de mission à l'INRS. Rappelons que l'INRS a conçu un dispositif de formation et des supports d'information à l'intention des agents des CRAM pour les aider à intervenir en entreprise, et a formé à ce jour plus de 140 agents des CRAM sur le sujet des RPS.
"Si avant les risques psychosociaux étaient considérés comme des sous-risques par les entreprises, il y a une certaine évolution aujourd'hui et une prise de conscience de l'importance de la question par les entreprises, notamment dans le cadre du plan de prévention du stress qu'elles doivent désormais élaborer", précisait Mme Chouanière.
Reste à voir si les bonnes intentions annoncées par les entreprises s'appliqueront bien sur le terrain…
Source : ActuEL-HSE – Editions Législatives
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